Comme chaque année, les parents se retrouvent encore à faire des choix – comme si tout au long de l’année nous n’en avions pas fait – et cette fois il est de taille !
Pourquoi ?
Je dirais que c’est le « timing », voir les vacances arriver, c’est souvent l’angoisse pour beaucoup.
Oui, plus d’école, plus d’occupations, bref PLUS (+++++++) de charges à la maison.
Une des grandes peurs pour le parent, c’est bien évidemment de savoir comment occuper les enfants.
Et, alors, lorsqu’ils ont des âges différents, bonjour l’angoisse !
À cela s’ajoute finalement la réflexion sur le « bon » déroulement de l’année scolaire, je ne parle même pas du cas où on nous fait comprendre que l’année était un peu « chaotique ».
Il y a aussi la situation dans laquelle ça s’est plutôt bien passé, mais en regardant d’un peu plus près on s’aperçoit qu’il manque beaucoup de notions et on se demande si cela serait pertinent de revoir tout tranquillement pendant l’été.
Bien sûr, je pourrais établir d’autres profils de famille qui se questionnent sur l’intérêt ou pas d’inscrire son enfant en stage.
Mais, sincèrement, je préfère orienter cet article sur comment savoir si mon enfant en a réellement besoin.
Je suis directrice, ça fait plus de 25 ans que j’enseigne, donc, bien sûr que réviser est important pendant les vacances. Et bien sûr que cela peut se faire de manières différentes (c’est aussi un peu pour ça, qu’à la Cabane, je propose différentes solutions avec mon équipe^^).
Mais, là, concentrons-nous sur cette histoire de stage d’été.
Le stage d’été à la Cabane, ce n’est sûrement pas un moment où l’on va s’amuser, se détendre, jouer ou faire tout autre loisir que l’on pourrait offrir à son enfant.
Oui, je sais, je vais à contre-sens de ce que l’on pourrait vous vendre ailleurs. Cependant, maintenant vous me connaissez, avant d’être directrice je suis une mère et une grand-mère.
Alors pardonnez-moi du peu, mais dépenser de l’argent pour que mon enfant fasse « mumuse » en classe : NON MERCI.
À la base, mon métier c’est de transmettre. En effet, je ne suis pas vendeuse, et aujourd’hui je trouve que c’est un atout pour aborder tous les services que l’on propose et notamment celui du stage d’été.
Oui, soyons clairs, certains enfants n’ont pas besoin des stages ; attention, je n’ai pas dit qu’ils ne devaient pas réviser et c’est tant mieux.
Ce qu’il faut pour un parent, c’est de comprendre le besoin exact de son enfant afin d’être sûr que, lorsqu’il fait le choix du stage, il est en paix avec son état des lieux.
D’ailleurs, la question est : que fait mon enfant en stage chez vous???
Chaque année, nous prenons des élèves en remise à niveau pendant l’année scolaire. Ce que l’on peut constater, ce sont les « lacunes » qui se sont accumulées avec les années précédentes.
Oui c’est dur à entendre – ou plutôt à lire –, mais c’est la vérité et non, rien n’est figé, les élèves s’accrochent et rattrapent coûte que coûte les notions manquées !
Pour ma part, choisir un stage pour son enfant, c’est peut-être éviter de laisser un gamin s’enliser inexorablement et progressivement, risquer un décrochage scolaire souvent détecté au niveau du collège.
Oui, il faut accepter qu’un élève qui cumule les lacunes suive de moins en moins les cours, pas parce qu’il n’a pas les capacités mais tout simplement parce qu’il lui manque les notions précédentes pour suivre les nouvelles.
Et, puis, c’est quoi exactement ce mot « LACUNE »??
Avec le temps et surtout lors des conseils de classe que j’ai été amenée à animer, que ce soit de la primaire au lycée, je dois avouer que c’est un grand fourre-tout.
Oh que oui, j’ose le dire.
Un autre avantage d’être mamie, c’est que les critiques non constructives, on en a que faire !
Généralement, c’est l’histoire d’un parcours de classe qui ne s’est pas forcément bien déroulé. Et, là, je ne parle pas d’élèves qui ont des troubles ou autre qui empêcheraient réellement d’avancer, c’est-à-dire qu’il faut faire appel à un orthophoniste, un ergo ou autre professionnel qui puisse intervenir pour améliorer la progression d’un élève.
Je parle d’un profil d’élève qui n’a à la base aucun « souci », cependant il se peut que dans l’année il y ait un paramètre extérieur qui empêche ou ralentisse la progression de votre loulou.
Bon là j’avoue, c’est la partie assez délicate que l’on n’aime pas du tout aborder et on préfèrerait se mettre « la tête dans le sable »…
On parle de quoi ?
- Une situation à la maison qui déstabiliserait votre enfant (divorce, mort d’un proche, déménagement « subi », un accident, je ne peux pas tous les citer, il y en a autant que de familles qui existent )
- Des remplacements intempestifs de professeurs durant l’année ,
- Un professeur en manque de formation (franchement, force à eux ! Ils sont tellement courageux).
- Votre enfant qui a besoin de temps pour assimiler, mais en classe ça va beaucoup trop vite !
- Votre enfant qui est plutôt réservé mais qui n’ose pas prendre la parole…
Non, la liste n’est pas exhaustive et je pourrais continuer encore longtemps.
Maintenant que le décor est planté, vous avez déjà une raison de l’inscrire.
Parlons « vie chère », oui, soyons « crus », cela a un coût financier et il s’agit de le considérer.
Le calcul est simple à la Cabane :
- Concernant les primaires, sur 1 mois, les loulous ont 16h de cours, vous payez donc 5€ la séance.
- Au sujet des collégiens, sur 1 mois, les grands ont 16h de cours également, vous payez donc 5, 6€ la séance.
Je pense qu’ici, il n’y a pas besoin de développer.
Parlons à présent de ce qui se déroule en classe :
« Je prépare… » : c’est pour insister sur le fait que pour passer dans la future classe de la rentrée prochaine, il faut s’assurer que votre enfant connaisse ses bases.
Je vois arriver des élèves en CE, n’ayant pas assez de sons et qui souffrent en lecture. Mais, souffrir en lecture, ce n’est pas seulement un texte qu’on peine à lire, c’est aussi un texte qu’on peine à comprendre.
Des exercices en maths ou dans un autre domaine que l’on ne parvient pas à réaliser ou, en tous les cas, que l’on réalise difficilement… Tout ça, parce que cet enfant aura peiné à lire des consignes.
Quand je constate année après année ces collégiens qui ne savent pas distinguer la nature des mots avec les fonctions, j’en ai mal au cœur.
Les répercussions en sont toutes aussi importantes : ils ne savent pas enrichir une phrase, formuler une réponse devient une expédition, ne parlons pas des dictées. Oui, confondre un adverbe qui est invariable avec le pluriel d’un adjectif, forcément ça va coincer.
Osons parler de l’exercice final qui est celui de la rédaction : comment rédiger lorsque l’on manque de mots.
Nous avons également décidé d’organiser les stages avec maître Zakariya à partir du CM2, qui correspond à « Je prépare ma 6e ».
Je ne compte plus les élèves qui arrivent au collège en ne sachant pas distinguer les chiffres des nombres, ou encore ceux qui ne savent pas réaliser une des 4 opérations (additions/soustractions/multiplication/division).
Et, on en parle des fractions?
Pour les 5ᵉ ou 4ᵉ, la phobie des lettres qui passe par le calcul littéral…
Il faut que cela cesse, oui, je ne peux pas sauver tous les enfants, mais ceux qui ont les moyens (quels qu’ils soient) de pouvoir bénéficier de ce type de stage en été, alors foncez.
Nous ne sommes pas rigides, évidemment qu’enseigner pendant les vacances doit être ludique, mais par pitié, ne me demandez pas de JOUER alors que les enjeux sont énormes.
Je le dis aux professeurs que je forme : lorsque vous enseignez, regardez vos élèves comme des adultes en devenir.
Chaque enfant que j’ai devant moi, je lui dois quelque chose, je lui dois de lui donner des bases solides autant que j’en ai la capacité.
Je lui dois de lui offrir des clés afin qu’il puisse faire, lui-même, quelque chose de concret plus tard avec.
Je lui dois de lui faire comprendre qu’il est capable, non pas dans l’imaginaire, mais plutôt dans ses potentialités réelles selon le profil qu’il a.
Alors, oui, nous dispensons des stages d’été aux élèves qui en ont besoin et oui, nous déploierons notre énergie à vérifier que votre enfant, même en mode « vacances », ait un minimum en sortant de ces stages !
Merci à tous ceux qui auront lu jusqu’au bout, je me laisse souvent emporter car j’ai l’impression que vous êtes devant moi.
Prenez soin de vous et des vôtres, en espérant que cet article vous aidera à faire ou non un choix éclairé.
Maîtresse Mélanie – Directrice de la Cabane

